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 Odon von Horvath Odon von Horvath

Odon von Horvath

Nationalité: Autrichien

hongrois du début du XXème siècle. Il est né le 9 décembre 1901 à Fiume, une ville qui appartenait à cette époque à la Hongrie et qui se trouve aujourd'hui en territoire croate sous le nom Rijeka. Fils d'un diplomate austro-hongrois du nom d'Edmund Joseph Horvàth, Ödön von Horvàth n'a cessé de sillonner l'Europe centrale tout au long de son enfance, suivant le parcours de son père. Il vit jusqu'à l'âge de sept ans à Belgrade, avant de regagner la capitale hongroise Budapest entre 1908 et 1913, suivi de Munich pendant trois ans, Presbourg (l'ancien nom de l'actuelle capitale slovaque, Bratislava) de 1916 à 1918, un deuxième séjour à Budapest, puis Vienne avant de revenir en Allemagne. À Munich, il connaît un semblant de stabilité et décide même d'y entamer des études littéraires en langue allemande. Cependant, Ödön von Horvàth ne va pas au bout de sa formation universitaire et préfère élire domicile à Murnau, une commune de Haute Bavière située à soixante-dix kilomètres au sud de Munich, où il commence à assouvir sa passion pour l'écriture. Le jeune auteur fait déjà preuve d'aisance à la plume, ce qui lui vaut de décrocher un contrat avec une société d'édition berlinoise. Il imagine et publie alors ses premières pièces de théâtre : Meurtre dans la rue des Maures en 1923, Le Belvédère en 1926, et Révolte sur la côte 3018 l'année suivante. Alors que l'idéologie nazie commençait à prendre du terrain, Ödön von Horvàth, en avant-gardiste visionnaire, tirait la sonnette d'alarme à travers ses écrits à l'instar de Le Funiculaire (1928) et Sladek, Soldat de l'Armée noire en 1929, qui, malgré les pressions croissantes, parviennent à être représentés en Allemagne. Après avoir publié la pièce Le Congrès en 1929, il signe son premier roman sous le titre L'Eternel Petit-Bourgeois en 1930, avant de renouer avec la création dramatique en présentant les très appréciées La Nuit italienne et surtout Légendes de la forêt viennoise, grâce à laquelle l'auteur se voit auréolé du prix Kleist en 1931. Si la renommée d'Ödön von Horvàth croît sensiblement en ce début des années trente, le dramaturge doit par contre faire face aux pressions des dignitaires nazis qui voient d'un mauvais œil ses textes franchement antinazis. L'arrivée d' Adolf Hitler au pouvoir en 1933 confirme ses craintes et celles d'autres intellectuels ayant choisi comme lui de se dresser contre cette vague montante. La sanction ne se fait pas attendre : les autodafés organisés par le nouveau régime détruisent la plupart des ouvrages jugés « dégénérés », et ceux d'Ödön von Horvàth n'y échappent pas. Devant ce climat hostile, l'auteur dramatique se voit contraint de quitter Berlin pour Vienne, où il parvient à faire jouer ses pièces Foi Amour Espérance (écrite en 1932 et mise en scène quatre années plus tard), L'Inconnue de la Seine, ou encore Casimir et Caroline. Quant à Figaro divorce, c'est sur la scène d'un théâtre de Prague qu'elle est donnée. Ödön von Horvath enchaîne les séjours à l'étranger, à l'image de ce qu'il a vécu dans sa jeunesse et connaît tour à tour l'Italie, l'ex-Tchécoslovaquie, la Suisse et les Pays-Bas, où il dévoile un nouveau roman qui ne s'encombre plus de métaphores pour dénoncer l'idéologie nazie. Dans Jeunesse sans Dieu, il déplore en effet la disparition des valeurs humaines au profit de principes obscurs véhiculés par la pensée nationale-socialiste dominante en Allemagne. Ce roman est rapidement suivi de son troisième du genre, Un fils de notre temps, qui est d'ailleurs sa dernière publication. La série de voyages incessants s'arrête à Paris, où Ödön von Horvàth part à la rencontre du cinéaste allemand Robert Siodmak en vue de concrétiser un projet d'adaptation à l'écran de Jeunesse sans Dieu. Arrivé en France fin mai 1938, il succombe le 1er juin 1938 à des blessures provoquées par la chute d'un arbre causée par une violente tempête qui s'abat sur la capitale. Le 7 juin, il est inhumé au cimetière de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, avant que sa tombe ne soit déplacée à Vienne cinquante années après sa disparition.

Bibliographie